En Islam, l’aumône de la rupture du jeûne est une obligation divine attestée. Celui qui la renie est un mécréant, celui qui s’abstient de l’observer de façon délibérée sans justification est un hérétique s’il ne s’adonne pas à un repentir sincère jusqu’à sa mort, il sera voué au châtiment de l’enfer

 

QUI DOIT  LA DONNER ?

 

Elle incombe à tout musulman de condition libre, même s’il doit le faire par contraction d’une dette qu’il espère honorer après. Il doit l’acquitter pour lui-même ainsi que pour ceux qu’il a en sa charge, tels que ses épouses, son fils jusqu’à ce qu’il devienne majeur, sa fille jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier, ses parents s’ils ne disposent pas de moyens de subsistance propre ainsi que son esclave. On ajoute à cette catégorie le fils majeur atteint d’une maladie qui le rend invalide et ne disposant pas de bien propre.

Quant à l’enfant musulman confié au tuteur, son impôt de rupture n’incombe pas à ce dernier.

 

A QUI DOIT-ON REMETTRE  LA ZAKAT AL FITR ?

 

Les bénéficiaires sont les mêmes que ceux de la Zakat (aumône légale). Elle est destinée à huit catégories  de personnes dont le détail figure dans le Coran,(S. 9, V. 60) à savoir :

1- À celui qui est pauvre (Faqîr). Le pauvre est celui qui est dans l’indigence mais à qui la dignité ne permet pas d’exposer sa pauvreté aux autres. Une autre définition le décrit toutefois comme celui qui ne possède aucun moyen de subsistance.

2- Au miséreux (miskîn). Le miséreux est le pauvre qui étale sa misère et demande publiquement l’aumône. Une autre définition le décrit toutefois comme celui dont les moyens de subsistance ne sont pas suffisants et sont en dessous des besoins.

3- Au fonctionnaire qui administre la zakât

4- A celui envers qui l’on veut rendre la cause de l’Islâm sympathique (mu’alifatul qulûbuhum)

5- A l’esclave qui désire s’affranchir, elle peut être donnée comme contribution à la rançon

6- A l’endetté qui veut se libérer de ses dettes

7- A celui qui œuvre dans la Voie de DIEU

8 – Et à l’étranger de passage à condition que le but de son voyage soit licite.

Il est possible de la rassembler et de la donner à une seule personne. On peut aussi la répartir parmi une assemblée qui remplit les conditions de bénéfice, c’est à dire des musulmans de condition libre se trouvant dans la nécessité et dont on n’attend rien en contrepartie.

 

SUR QUOI LA PRÉLÈVE-T-ON?

 

On doit prélever l’aumône de la rupture du jeûne sur les denrées les plus utilisées dans les produits de subsistance du pays où l’on habite. Ainsi par exemple, un habitant du Sénégal pourra la prélever sur les espèces comme le mil (suna), le mil (sagno), le sorgho (le bassi),  et le riz. Celui qui n’en possède pas en stock pourra l’acheter et la donner. Celui dont la nourriture est constituée par des espèces autres que celles-ci peut la prélever sur son espèce de subsistance.

 

QUELLE EST SA QUANTITÉ ?

 

Pour chaque sujet dont on a la charge, il faut 2,5 kg pour le mil et les autres céréales du genre. Si c’est sur du riz ou sur d’autres espèces, il faut prendre un récipient dont la contenance correspond à 2,5 kg de mil et procéder par cette mesure sans besoin de le peser.

 

ATTENTION

 

La zakat al-fitr peut se donner soit sous forme de denrées alimentaires soit en argent, conformément à 2 avis juridiques.

 Les imams Mâlik, As Shafi’i, Ahmad et la majorité des savants soutiennent en effet qu’on ne peut donner la zakat que sous forme de denrées alimentaires (mil, blé, riz…).

 D’autres, comme l’imam Abû Hanîfah, Omar ibn Al Khattab, l’imam Bukhâri, Sheikh al islam Ibn Taymiyya, permettent qu’on offre de l’argent à la place de la nourriture, car c’est l’intérêt du pauvre qui compte.